- février 2010 - Nouvelles en vrac

Nouvelles en vrac

    Les éditions de Laure Lie

Parce l'âme est une pellicule sensible.
Parce que rien n'est tracé d'avance et que rien n'est plus irréversible que la mort, alors, laissons les mots peindre nos maux, ceux qui sont en dedans enfouis, loin, cachés au plus profond et que l'on n'ose regarder.
Parce que l'on juge toujours trop tôt, toujours trop vite, les petites parcelles du visible suscitant mille et une interprétations.
Parce que la vie n'est ni plus ni moins qu'une histoire de fil et de failles.
Parce que, si l'on écoute mieux, la langue se délie.
Parce si l'on y regarde de plus près, elle nous relie à d'autres histoires, faites de délicates touches de couleurs ou d'impressions tenaces, d'émotions pures, de vibrations et d'espoirs.

dimanche 28 février 2010

Une jolie poupée rose

Le petit bourgeon de fille adossé aux traînées sales du mur du couloir, c’est Fanny.

Sous sa tignasse blonde, ses yeux bleus me regardent arriver et comme à chaque fois, ce sont deux abysses qui m’aimantent.

Aucun mot, aucun son ne sortent de sa bouche. Elle me parle avec les yeux. Il suffit d’un éclat ou d’un voile sur son regard et je sais ce qui gigote sous la paille emmêlée de ses cheveux.

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samedi 20 février 2010

La troisième fenêtre... (3)

CHAPITRE 53

Aux pieds d’Anna, un monceau de boules de papier jonche le sol. Ici ou là, le papier froissé laisse apparaître une écriture noire et fine. Quelques lettres, parfois un ou deux fragments de mots, rien de plus.

Dehors, la lumière des réverbères tente de tromper la nuit mais ne leurre pas la jeune femme...

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jeudi 11 février 2010

Un jour comme celui-là

C’était un jour comme ça, comme celui-là, un jour neigeux et cotonneux.

Le semblant de douceur amassée en couche déjà épaisse sur le relief, arrondissant les angles à l’infini, n’en était pas moins qu’une pluie à demi gelée, à vous glacer le cœur et le sang.

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mardi 2 février 2010

Question de style (3)

Ses doigts entremêlés se tordent. Elle n’a plus vraiment conscience de la table, des fauteuils et des choses qui sont là, juste sous son nez.

De toute façon, elle ne peut plus tenir assise, ni immobile...

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