Peut-être ne devrait-elle se contenter que de cela, un rendez-vous nocturne qui ne l’engage à rien avec l’inconnu de tous les possibles. C’est vrai, à chaque fois qu’elle a franchi les limites de l’intimité, sous sa lumière crue, dans ses jours véridiques, quelque chose s’est brisé et le lien s’est effiloché, corrompu, devenu peu à peu lambeau de lui-même…

Ca y est, il n’y en a plus qu’un ! Il n’y a plus que lui, plus qu’eux. Plus intensément que jamais, elle scrute, elle observe ; même avec ses jumelles, elle ne parvient pas à discerner plus de détails, un mouvement qui tournerait franchement ce visage vers elle. Ce n’est pas grave, elle peut encore patienter un peu, bientôt elle saura.

... Cette fois elle ne se déroberait pas, elle irait jusqu’au bout de sa quête, seule, le soir-même. Et elle trouverait. Un jour ou l’autre, elle saurait qui est cet homme qui interroge, qui fouille chaque nuit le ciel et les étoiles, l’ensemble de l’univers. Fourrageant les ténèbres, couleur de son forfait, en guise de repentance. Ou d’évasion. Forcément c’est un être sensible. Forcément. Peut-être même un poète. Forcément elle le trouverait celui qui purge, derrière les barreaux, une peine pour une faute moins lourde que les bourreaux circulant librement sur les pavés et dont elle a malencontreusement croisé le chemin. Une intuition, une pulsation parcourant ses veines le lui indique, c’est un signe. Sinon, pourquoi aurait-elle atterri dans ce quartier, dans cette rue, dans l’appartement à la fenêtre donnant sur la sienne ? Sa bonne étoile à elle, en une petite trentaine d’années, ne s’est guère manifestée. Sûrement le moment est-il venu.

Extrait de roman de Laure Lie, 2009. En cours et à suivre...

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