- Nouvelles en vrac

Nouvelles en vrac

    Les éditions de Laure Lie

Parce l'âme est une pellicule sensible.
Parce que rien n'est tracé d'avance et que rien n'est plus irréversible que la mort, alors, laissons les mots peindre nos maux, ceux qui sont en dedans enfouis, loin, cachés au plus profond et que l'on n'ose regarder.
Parce que l'on juge toujours trop tôt, toujours trop vite, les petites parcelles du visible suscitant mille et une interprétations.
Parce que la vie n'est ni plus ni moins qu'une histoire de fil et de failles.
Parce que, si l'on écoute mieux, la langue se délie.
Parce si l'on y regarde de plus près, elle nous relie à d'autres histoires, faites de délicates touches de couleurs ou d'impressions tenaces, d'émotions pures, de vibrations et d'espoirs.

samedi 27 décembre 2008

Une jolie poupée rose

Le petit bourgeon de fille adossé aux traînées sales du mur du couloir, c’est Fanny.

Sous sa tignasse blonde, ses yeux bleus me regardent arriver et comme à chaque fois, ce sont deux abysses qui m’aimantent. Aucun mot, aucun son ne sortent de sa bouche. Elle me parle avec les yeux. Il suffit d’un éclat ou d’un voile sur son regard et je sais ce qui gigote sous la paille emmêlée de ses cheveux.

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dimanche 21 décembre 2008

Ma colline (4 et fin)

Seul le silence s’est imposé.

Alors, je suis montée, la rage au ventre, prête à retourner ciel et terre pour vous retrouver. Là-bas, l’horizon en apparence soulagé, n’étalait que désolation d’une terre déchiquetée, d’un ciel qui ne retrouverait jamais vraiment ses droits.

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dimanche 14 décembre 2008

Sur les cordes

Peu à peu la place des anciens quais de chargement pour l’Est, de l’embarquement des captifs pour les grandes plaines d’Asie centrale, s’emplit.

Un lieu sans nom officiel, un cul-de-sac à l’écart.

Comme des rats reniflant la même aubaine, filant le bord des rues, des passages et des venelles, le flot des individus gonflait, grouillait, pour devenir masse agglomérée, indifférenciée. Unie comme un seul homme.

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samedi 13 décembre 2008

Menue monnaie (2)

...Il s’avance encore un peu et sans prendre la peine de se baisser, il lance en direction de ma vieille boîte de fer rouillé quelques pièces qui, le temps d’une seconde, reflètent la lueur des enseignes. Je ne sais pourquoi, en un réflexe remontant du fond des âges, je tends mes deux mains afin d’intercepter les petits disques de métal avant qu’ils ne cognent mon escarcelle improvisée et que le choc strident et sec ne brise ma vieille carcasse.

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mercredi 10 décembre 2008

Menue monnaie

Nouvelle éditée par la revue littéraire Ecrits...vains ? en ligne, dans la rubrique Théma

Les larges baies vitrées s’ouvrent et se ferment frénétiquement au rythme du passage des chalands, laissant échapper un souffle chaud qui lèche ma peau par intermittence, réchauffant mes os prêts à se fendre.

Des hommes, des femmes, des femmes et des hommes encore,...

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jeudi 4 décembre 2008

Mei Ting

Je te regarde. Tu es là, nue, allongée sur le sofa.

Le bout de mes doigts parcourt les courbes de ton corps. Gracieuses. Magnifiques. Parfaites.

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samedi 22 novembre 2008

De quel droit ? (diptyque)

LE POUVOIR

En face de moi, une terre ondulée, verte, arborée et multimillénaire.

Une bosse, une colline, une montagne qui a subi des coups du sort, du ciel et des entrailles de la terre, mais que ni l’un ni l’autre, ni les astres, ni le magma n’ont pu soumettre.

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vendredi 14 novembre 2008

En désaccord majeur

CHAPITRE 2

Il ne sait déjà plus s’il vient de quitter du ballast ou un tarmac. Incroyablement petit il se sent, imperceptible dans cette gare, à moins qu’il ne s’agisse de l’accès à un aéroport.

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mardi 4 novembre 2008

Et puis quoi encore…

Chemin faisant, je fais le tour. Le tour de quoi ? Le tour de moi. Et tout autour, il y a quoi ?

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lundi 6 octobre 2008

Immaculée (3)

CHAPITRE VIII

Aujourd’hui, je me sens assez solide pour le présenter à Romain.

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vendredi 3 octobre 2008

Esperanza

C’est sans doute parce que l’esperanza manque, parfois, que plus rien n’avance, que tout rouille, s’enraye, s’encrasse, dans les limbes d’un cerveau que la lassitude a rendu paresseux, presque gréviste de tout !

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dimanche 31 août 2008

C’est pas moi, c’est l’autre !

C’est pas ma faute ! C’est elle qui n’est pas facile à vivre, c’est lui qui râle tout le temps ! Et si de temps à autre, on allait loyalement gratouiller...

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mercredi 20 août 2008

Ma colline (3)

Un matin d’été, là-haut, derrière cette colline, le ciel s’est enflammé différemment, d’un feu jaune presque verdâtre, comme sali par la cendre. Je n’ai pas compris tout de suite. Adrien, lui, savait.

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samedi 9 août 2008

Immaculée (2)

CHAPITRE III

Il est là, juste à côté d’elle ; il s’approche, doucement, sans bruit. Ce ne sont pas seulement ses doigts qui saisissent les siens, son bras qui enveloppe ses épaules, non, c’est tout son être qui, sans bouger, juste à côté, étreint le sien. Les deux corps sont pudiques et voluptueux. Leurs regards se lisent, sans mots. La chaleur douce qui s’empare d’eux coule dans l’ondulation de leurs cœurs, dans leur sang qui irrigue une plénitude oubliée mais dont le vague souvenir surgit des profondeurs de leurs âmes.

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lundi 4 août 2008

Il fait gris, il fait pluie…

Gris.

Nuages.

Maussade.

Ciel de plomb.

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