- Nouvelles en vrac

Nouvelles en vrac

    Les éditions de Laure Lie

Parce l'âme est une pellicule sensible.
Parce que rien n'est tracé d'avance et que rien n'est plus irréversible que la mort, alors, laissons les mots peindre nos maux, ceux qui sont en dedans enfouis, loin, cachés au plus profond et que l'on n'ose regarder.
Parce que l'on juge toujours trop tôt, toujours trop vite, les petites parcelles du visible suscitant mille et une interprétations.
Parce que la vie n'est ni plus ni moins qu'une histoire de fil et de failles.
Parce que, si l'on écoute mieux, la langue se délie.
Parce si l'on y regarde de plus près, elle nous relie à d'autres histoires, faites de délicates touches de couleurs ou d'impressions tenaces, d'émotions pures, de vibrations et d'espoirs.

lundi 22 juin 2009

Une fois n'est pas coutume!

Pour une fois, je vais commencer par la première personne du singulier!

Je nai pas créé ce blog pour parler de moi, mais pour y poser mes textes, qu'ils soient de simples pensées ou des histoires plus longues, qui je l'accorde, ne paraissent que sous forme d'extraits, sauf s'ils ont été rendus publics ailleurs, notamment sur le site de la revue littéraire Ecrits...vains?, ou par le biais de l'un des concours de nouvelles auxquels je participe parfois.

Et c'est bien de cela dont il s'agit...

Lire la suite

jeudi 30 avril 2009

Brumes

Sur les arbres à nouveau nés, d’un vert attendrissant, à croquer, une brume légère, matinale, a posé son lavis.

Plus bas que les cimes moutonnantes enroulées dans la fin de leur sommeil poudré, les toits aux tuiles rouges pavoisent, sont fiers, arrogants, face au soleil dissimulé et joueur, de faire retentir leur éclat huilé par la rosée. Pour quelques heures encore ou quelques minutes seulement ? Juste le temps que le voile, les filaments de vapeur, négocient avec la montée du jour et concèdent leur retraite, acceptant d’aller se déposer un peu plus loin, ailleurs, pour laisser place, ici, aux rayonnements d’une nouvelle aurore.

Quand le rideau va se lever, tous les camaïeux du printemps viendront nous éblouir, nous piquant à vif de leur jeune vigueur.

www.routard.com/photos/midi_pyrenees/41586-vi...

mardi 28 avril 2009

La fille à la fenêtre

Qu’est-ce qu’elle a que les autres n’ont pas ?

La question taraude Romain depuis quelques semaines, depuis qu’il quitte prestement son école – le mardi et le jeudi- pour rejoindre la fille à la fenêtre. Dès le début, elle a su auréoler cette histoire de mystère, lorsque de son index chassant la buée de la vitre, elle lui a dévoilé, déroulé sur le carreau, son prénom, qu’il a dû déchiffrer à l’envers. Il ne l’a pas compris tout de suite, à cause de la majuscule du L en attaché et en sens inverse.

Lire la suite

jeudi 16 avril 2009

Le Dieu des Petits Riens

Besoin inconscient chez l'homme de détruire ce qu'il ne peut ni soumettre ni adorer. Arundhati Roy, 1998 pour la traduction française chez Gallimard.

Roman à l'écriture aux parfums de l'Inde, des fragrances les plus subtiles, légères, aux remugles pestilenciels et nauséabonds. Sans jamais tomber dans le cliché ou la sensiblerie. Toute une société aux codes et aux principes savamment imposés est peinte ici, au couteau plus qu'au pinceau.

Par certains côtés, toutes les sociétés peuvent y retrouver leurs interdits et leurs règles les plus lâches, ainsi que des individus impétueux au cran tenace qui tentent de les surmonter, mais qui y perdent plus que leur peau...

mercredi 15 avril 2009

Ame lunaire

Elle se plait à observer la lune. Sur des clichés de magazines qui font reportage de ses paysages si singuliers, patiemment découpés, ou le soir, en vrai, lorsqu’elle scintille, tout en courbes, dans la voûte céleste.

Lire la suite

jeudi 19 mars 2009

En attendant l’hiver…

En face de moi, une blancheur ondulée, immaculée, ouatée de flocons et multimillénaire.

La douceur même d’un monde de coton feutré, qui amortit les coups, la vie, dans la sérénité d’une délicatesse originelle et sommitale.

Lire la suite

lundi 2 février 2009

Menue monnaie (3)

Je ne lui ferai pas l’affront de détourner la tête, mais il est venu à moi, je le laisserai rompre le premier l’immobilité de ces heures de quiétude. Alors,...

Lire la suite

samedi 10 janvier 2009

En désaccord majeur (2)

CHAPITRE 3

Un chuintement discret sort enfin la nuit de ses ténèbres. Un pas cadencé, à peine répercuté sur le béton des immeubles, sonne comme un réveil sur sa torpeur, à cette heure où le froid glace un peu plus ses membres. Où ses os, s’ils n’étaient maintenus par les ligaments, les muscles et les chairs, cliquetteraient de leurs spasmes ébroués. Un ouvrier, sûrement, des chaussures de sécurité aux pieds, au bout usé, surmontées d’un bleu de chauffe qui aux aurores perce la brume vers quelque usine fumante, plus loin, là-bas. Les épaisses semelles isolantes font à peine crisser quelques petits cailloux coincés dans leurs crans.

Lire la suite

samedi 27 décembre 2008

Une jolie poupée rose

Le petit bourgeon de fille adossé aux traînées sales du mur du couloir, c’est Fanny.

Sous sa tignasse blonde, ses yeux bleus me regardent arriver et comme à chaque fois, ce sont deux abysses qui m’aimantent. Aucun mot, aucun son ne sortent de sa bouche. Elle me parle avec les yeux. Il suffit d’un éclat ou d’un voile sur son regard et je sais ce qui gigote sous la paille emmêlée de ses cheveux.

Lire la suite

dimanche 21 décembre 2008

Ma colline (4 et fin)

Seul le silence s’est imposé.

Alors, je suis montée, la rage au ventre, prête à retourner ciel et terre pour vous retrouver. Là-bas, l’horizon en apparence soulagé, n’étalait que désolation d’une terre déchiquetée, d’un ciel qui ne retrouverait jamais vraiment ses droits.

Lire la suite

dimanche 14 décembre 2008

Sur les cordes

Peu à peu la place des anciens quais de chargement pour l’Est, de l’embarquement des captifs pour les grandes plaines d’Asie centrale, s’emplit.

Un lieu sans nom officiel, un cul-de-sac à l’écart.

Comme des rats reniflant la même aubaine, filant le bord des rues, des passages et des venelles, le flot des individus gonflait, grouillait, pour devenir masse agglomérée, indifférenciée. Unie comme un seul homme.

Lire la suite

samedi 13 décembre 2008

Menue monnaie (2)

...Il s’avance encore un peu et sans prendre la peine de se baisser, il lance en direction de ma vieille boîte de fer rouillé quelques pièces qui, le temps d’une seconde, reflètent la lueur des enseignes. Je ne sais pourquoi, en un réflexe remontant du fond des âges, je tends mes deux mains afin d’intercepter les petits disques de métal avant qu’ils ne cognent mon escarcelle improvisée et que le choc strident et sec ne brise ma vieille carcasse.

Lire la suite

mercredi 10 décembre 2008

Menue monnaie

Nouvelle éditée par la revue littéraire Ecrits...vains ? en ligne, dans la rubrique Théma

Les larges baies vitrées s’ouvrent et se ferment frénétiquement au rythme du passage des chalands, laissant échapper un souffle chaud qui lèche ma peau par intermittence, réchauffant mes os prêts à se fendre.

Des hommes, des femmes, des femmes et des hommes encore,...

Lire la suite

jeudi 4 décembre 2008

Mei Ting

Je te regarde. Tu es là, nue, allongée sur le sofa.

Le bout de mes doigts parcourt les courbes de ton corps. Gracieuses. Magnifiques. Parfaites.

Lire la suite

samedi 22 novembre 2008

De quel droit ? (diptyque)

LE POUVOIR

En face de moi, une terre ondulée, verte, arborée et multimillénaire.

Une bosse, une colline, une montagne qui a subi des coups du sort, du ciel et des entrailles de la terre, mais que ni l’un ni l’autre, ni les astres, ni le magma n’ont pu soumettre.

Lire la suite